El Condor Pasa, un hit péruvien

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Un classique mondialement connu!

 

Ça n’arrive pas souvent, mais ce matin là, je décide de prendre mon temps avant de commencer à travailler. Mon café recouvert d’une mousse de lait onctueuse m’attend sur la table. Je parcours du bout des doigts mes vinyles… Ella Fitzgerald, Al Green, Benny Goodman, Janis Joplin. Mon choix s’arrête finalement sur Simon et Garfunkel. Un peu de soleil et de légèreté accompagne toujours bien un café.

 

voyage perou condor pasa

 

Je commence à lire un livre. Les chansons passent, des classiques comme Mrs. Robinson, the Sound of Silence, Cecilia, et d’autres. Mais une mélodie m’extirpe hors du monde dans lequel je m’étais plongée, un monde avec des super héros (oui, bon, à chacun sa littérature). Guitare, charango, flûte de pan, je me sens en voyage au Pérou. Puis, les paroles commencent… en anglais. Cette mélodie, El Condor Pasa, je l’ai entendue si souvent à travers les cassettes de musique de mon père (qui, je le rappelle, est Bolivien), que je ne me suis jamais rendue compte que Simon et Garfunkel l’avaient eux aussi chantée. N’empêche qu’en anglais ça fait moins exotique.

Alors, je me suis demandé quelle était l’histoire de cette chanson péruvienne que tout le monde semble connaître, reprise maintes et maintes fois. Certains disent même qu’il en existerait autours de 4000 versions!

C’est Daniel Alomía Robles qui composa la mélodie et Julio Baudouin y Paz qui écrivit les paroles en 1913 en se basant sur des mélodies traditionnelles des Andes.

Dans les années 30, la pièce de théâtre musical dans laquelle elle fut présentée, Soy la paloma que el nido perdió,  eu tant de succès qu’on en fit 3000 représentations en 5 ans, au théâtre Mazzi, à Lima. L’histoire se passe dans une mine, c’est une confrontation entre indigènes et colonisateurs, propriétaires de la mine. El condor pasa est jouée à la  fin, quand arrive le majestueux Condor des Andes, représentant la liberté.

 

voyage perou condor

 

Dans les années 60, le groupe « Los Incas » présenta la chanson dans un théâtre de Paris, où se trouvait justement Paul Simon, qui s’y intéressa et voulu acheter les droits d’auteur.

 

 

Par ignorance ou par appât du gain, ils lui dirent que c’était une vieille chanson du 18e siècle. La chanson fut donc incluse dans le fameux disque « Bridge Over Troubled Water », avec des paroles qu’il composa en anglais (If I could).

 

 

Heureusement, des années plus tard, les droits d’auteur furent retournés au fils de Robles, Armando Robles Godoy. En 2004, elle fut déclarée Patrimoine Culturel du Pérou.

 

Montréalaise de naissance, je suis passionnée par les voyages, la bonne bouffe et les lamas. À la fois bloggeuse pour Voyage Pérou et journaliste pour La Métropole, un magazine en ligne et une publication mensuelle, je pars constamment à la chasse des meilleurs restaurants et des destinations à découvrir.

Discussion15 commentaires

    • haha le genre de clash que j’adore. Je me souviens d’avoir écouté Malajube (un band de Montreal) qui chantait: « Montréal t’es tellement froide, etc ». Musique à fond dans mes écouteurs, sur le paisible Yangtze en Chine, tôt le matin. Un superbe souvenir. ;)
      Leslie recently posted..Guide de Puno: les restaurants

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