Travailler au Pérou: tourisme solidaire et social

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L’expérience d’Émilie, entre Lima et Iquitos

J’ai eu l’occasion de faire la connaissance d’Émilie Couillard, 28 ans, étudiante à la maitrise en Développement du tourisme à l’université du Québec à Montréal. Présentement dans la rédaction de son mémoire qui porte sur les tourismes solidaires et communautaires, elle est au Pérou depuis presqu’un an déjà. Voici son expérience, ses observations et ses précieux conseils pour ceux qui voudraient leur chance au Pérou.

Où travailles-tu?

En fait j’ai plus qu’un travail. Je fais ma recherche avec l’ONG franco-péruvien Latitud Sur, ce dernier est situé á Iquitos et propose des formules de tourisme solidaire. Ils offrent des croisières sur l’Amazone et appuient les communautés environnantes grâce aux bénéfices engendrés par les croisières. Bien qu’ils soient en Amazonie, moi je travaille depuis Lima, au niveau du marketing et de la prospection.

iquitos croisiere
Copyright Latitud Sur

 

J’écris aussi des articles de tourisme pour la maison d’édition Viatao. Les articles vont paraitre sur la plateforme Evaneos dans quelques mois!

Enfin, je travaille pour l’entreprise sociale Visit.org, basée à New-York mais qui se développe à l’échelle mondiale. Je suis Country Leader Peru, je travaille au recrutement d’ONG et communautés péruviennes et leur propose de développer des visites touristiques de courte durée au sein de leur communauté. Une fois les visites créent, elles apparaissent sur une plateforme en ligne au www.visit.org.

Enfin, je rédige mon mémoire!

Comment as-tu obtenu ce poste? (d’avance ou sur place?)

Le poste pour Latitud Sur je l’ai obtenu avant de partir, je me cherchais un partenaire pour faire ma recherche en tourisme solidaire. Je les ai contacté par courriel et ils ont accepté l’entente J Je ne suis pas payée pour mon travail, mais j’ai eu droit à deux magnifiques croisières à bord du Selva Viva et un terrain de recherche pour mon mémoire, un échange parfait finalement!

croisiere iquitos perou
Copyright Latitud Sur

 

Quant aux articles et à Visit.org, je les ai obtenus sur place. Le premier par hasard sur le net et le deuxième via mon courriel universitaire.

Parlais-tu bien espagnol avant d’obtenir ce poste? Crois-tu que tu aurais obtenir le poste sans parler espagnol?

Finalement je travaille pour des entreprises étrangères, mais tout est en lien avec le tourisme et le Pérou! Je parlais déjà espagnol avant d’arriver et la langue est essentielle au bon fonctionnement de mon travail, excepté pour les articles, car j’écris en français dans ce cas.

De toute façon je recommande à quiconque qui veut trouver un travail au Pérou d’arriver en parlant espagnol, l’expérience n’en sera que plus satisfaisante.

emilie couillard perou
Copyright Emilie Couillard

Quels sont les plus grands défis en tant qu’étrangère? Est-ce qu’il y a des avantages?

Je participe assez régulièrement à des rencontres organisées par le MINCETUR (ministère du tourisme) ou des groupes en tourisme, l’avantage c’est que les gens m’accordent de prime abord, une grande confiance. J’ai l’impression qu’ils me mettent sur un piédestal parce que je suis Canadienne! Ça me rend mal à l’aise parfois. Toutefois je dois reconnaitre que ça m’aide beaucoup dans mon travail, ça me donne une crédibilité supplémentaire.

Un défi, c’est que les gens pour « caer bien », ne vont jamais me dire non. Mais ensuite ils ne tiennent pas leur engagement. Je trouve ça frustrant dans certaines situations, car j’ai des attentes et elles ne sont pas remplies.

Qu’aimes-tu le plus du Pérou?

L’attitude positive des gens, le multiculturalisme, la fierté péruvienne, l’espagnol- j’adore les diminutifs dont les Péruviens abusent ! Les marchés, la bouffe, le chaos, l’informalité (ce dernier point j’aime et parfois je déteste hahaha).

Qu’aimes-tu le moins?

Le climat à Lima, il fait gris et froid 8 mois par année, j’ai vraiment du mal à m’y faire. Puis, le bruit constant (klaxons, chiens, camions, sirène d’école, cris, musique (Corazon Serrano jajaja), bien que je commence à l’oublier, j’ai eu beaucoup de mal à m’y adapter à mon arrivée. Je précise que j’habite à Collique, la réalité ici est très différente de celle de Lima, centre-ville.

L’autre truc que je ne supporte pas, c’est le trafic. J’habite à Lima Norte et c’est loin de la ville, quand je dois aller à Lima je souffre durant 2 heures dans le Metropolitano. J’admire franchement tous les Péruviens qui se tapent ces longues heures de transport en commun à tous les jours pour aller au travail ou à l’école!

Pour terminer, quels sont les conseils que tu donnerais à quelqu’un qui veut tenter sa chance au Pérou?

Être ouvert, avoir un bon sens de d’adaptation et être flexible. Surtout en terme de travail, on n’organise pas notre temps de la même façon au Québec qu’au Pérou.

Une attitude positive est extrêmement important, un sourire et de la bonne humeur c’est toujours gagnant J

Il est bon aussi de se faire le plus de contacts possible. Au Pérou, plus tu as des contacts, plus tu auras d’opportunités, et comme je disais avant, la langue, c’est mon principal conseil! En parlant avant d’arriver, tout est plus facile et agréable.

Merci Émilie d’avoir partagé ton expérience!

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Fondatrice et éditrice du magazine Voyage Perou, je suis une grande amoureuse de l’Amérique latine que j’explore avec émerveillement, stylo et caméra à la main. Ma motivation? Réunir le maximum d’information, de bons plans et de conseils pratiques pour vous encourager à partir vous aussi à l’aventure!

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