Que faire dans le nord du Pérou : pêche artisanale

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Une expérience avec un pêcheur local

Il doit être 6h00 du matin quand Ramon vient toquer à notre porte. On sort en coup de vent, les yeux encore légèrement collés, et on descend jusqu’à la plage. Martin, le pêcheur du coin, n’est pas encore arrivé. On s’assoit dans le sable pendant que Ramon scrute l’horizon pour surveiller son arrivée.

Le ciel s’éclaircit, au loin on aperçoit quelques radeaux qui partagent la mer. Martin arrive avec son radeau de pêche, sa balsa artesanal. « Buenos dias! » Quelques enfants qui semblent connaître Martin et Ramon marchent en notre direction. Après une brève conversation, des sourires gênés puis quelques rires, ils nous aident à pousser le radeau dans l’eau. On se déchausse, on remonte nos pantalons, et c’est parti!

Tout est incroyablement calme, il n’y a pas de vent, que les bruits du clapotement de l’eau sur notre embarcation et de la rame qui nous fait avancer. Les oiseaux offrent un spectacle magnifique en s’amusant à frôler l’eau avec délicatesse, même élégance. Des rayons de lumière traversent les épais nuages gonflés et craquelés. Ramon et Martin installent une petite planche et coupent des petits morceaux de chair. Ils les installent au bout des lignes attachées à des poignées en bois et nous tendent le tout.

nord perou activite

Finalement tout simple, mais efficace car les poissons ne tardent pas à mordre, surtout la « cabrilla » et le « carajillo » connu aussi comme « camotillo », des jolis poissons aux touches orange ou jaune.

mamaqocha peche

Après un bon moment à pêcher, une ligne s’agite inhabituellement. Un plus gros poisson peut être? Plus impressionnant : c’est une murène qui sort de l’eau! Précédée par une réputation un peu glauque – comment oublier les fameux acolytes de la méchante Ursula dans la Petite Sirène de Walt Disney?- et avec une figure à l’expression peu sympathique, je ne peux m’empêcher de faire la moue. Pauvre petite.

Ramon dit : «  il faut faire très attention! C’est dangereux, elle peut mordre très fort. » Puis il s’affaire délicatement à la défaire du crochet avant de la remettre à l’eau. J’ai alors un flashback d’il y a 1 an, avec Ramon faisant pratiquement le même commentaire, pendant qu’on pêchait le piranha dans la jungle du Tambopata.

Étant de nature plutôt impatiente, je n’en reviens pas lorsque je regarde ma montre : on est là depuis plus de 2h! Ça doit être grâce aux conversations intéressantes avec Ramon et Martin, à nos interactions très « gauche » avec les poissons qui les font rire –et avec raison- ou simplement du fait que cette expérience en soi est tout à fait unique, mais le temps a filé sans que je m’en rende compte.

On grignote quelques craquelins et on boit un peu d’eau, mais le soleil commence à peser de plus en plus et notre butin de poisson est déjà amplement suffisant pour un festin. On retourne donc à Mamaqocha. Une fois sur la plage, Ramon s’installe pour couper le poisson en lanière pour qu’Ilich puisse préparer un tiradito frais.

 

peche nord perou

perou peche

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À notre retour, on a droit au traitement de luxe. C’est un petit déjeuner-buffet qui nous attend avec œufs brouillés, crêpes, pain, confitures, tamales, fruis frais, jus de banane et de papaye, yogourt et différentes céréales. Un vrai repas de champion.

cereales perou

Mais on essaie de ne pas trop abuser. C’est qu’Ilich nous avait promis son fameux « tiradito » de maracuya, le fruit de la passion, et on en rêve depuis la veille. En attendant, on célèbre le farniente dans toute sa beauté en nous prélassant au soleil et en profitant un peu des vagues.

Puis on entend l’appel tant attendu: « chicas! Quieren tiradito? ».

Tous les ingrédients sont disposés sur la table : les belles lanières de nos poissons fraîchement pêchés, de l’aji (piment péruvien), du sel, du citron vert (lime), une sauce maison au fruit de la passion et le camote, la patate douce, jamais très loin au Pérou.

perou recette tiradito

Quelle est la différence entre le tiradito et le ceviche?

C’est une question qu’on me pose assez souvent car il est vrai que les deux ont certaines ressemblances. Le tiradito est un plat de la cuisine nikkei (peruano-japonaise) et tient ses origines des immigrants japonais. Par contre il est vrai qu’il s’approche du principe du carpaccio et on dit qu’il aurait été popularisé par les immigrants italiens.

C’est tout simple, les différences se retrouvent dans la coupe du poisson et la présence des oignons. Le ceviche est présenté sous forme de morceaux (plutôt cubiques), et le tiradito avec des lanières. Un ingrédient très important du ceviche est l’oignon, présent en grande quantité, alors que le tiradito n’en a pas.

Je regarde avec attention Ilich qui mélange tous ces ingrédients frais et je suis ses pas avec l’assiette qui est devant moi.

tiradito perou

perou tiradito

Pêcher au petit matin, avoir un cours de cuisine improvisée avec son butin le midi, et terminer en dégustant le tout face à la mer… voilà certainement une des plus belles expériences qu’on peut vivre dans le nord du Pérou!

Mamaqocha Lodge

Playa Mamaqocha – Av. Panamericana Norte 108 Cancas, Canoas de Punta Sal, Tumbes

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Cet article s’inscrit dans la série “J’ai testé“. J’ai donc été invitée par l’entreprise pour essayer cette prestation. Je tiens cependant à préciser que mes propos reflètent mon expérience telle que je l’ai vécue et n’ont été aucunement influencés par cette collaboration.

Copyright photo Monica Reyes

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Fondatrice et éditrice du magazine Voyage Perou, je suis une grande amoureuse de l’Amérique latine que j’explore avec émerveillement, stylo et caméra à la main. Ma motivation? Réunir le maximum d’information, de bons plans et de conseils pratiques pour vous encourager à partir vous aussi à l’aventure!

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