Un an de woofing en Amérique du Sud

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L’expérience de Maylis et Adrien

Maylis et Adrien, en couple depuis 7 ans, ont quitté leurs emplois en publicité et marketing digital à Paris pour voyager pendant un an en Amérique du Sud, en priorisant le woofing. Toute une aventure, pas facile à planifier d’avance, mais incroyablement enrichissante! Entre défis et conseils, ils ont accepté de partager leur expérience pour encourager les voyageurs à se lancer dans l’aventure.

Expliquez-nous votre projet

Nous traversons le continent depuis la Terre de Feu jusqu’à la côte caraïbe en passant par l’Amazonie et le Brésil et séjournons régulièrement dans des fermes locales en faisant du wwoofing. Le concept du wwoofing nous permet d’être logé et nourri chez l’habitant en échange de quelques heures de travail dans des fermes biologiques. C’est un moyen extraordinaire pour voyager autrement et découvrir des endroits plus éloignés des circuits touristiques traditionnels. C’est aussi pour nous la meilleure façon de rencontrer des locaux et de s’imprégner de la culture authentique du pays.

Nous avons créé le projet Wwoofnext un site de voyage alternatif et d’informations sur le wwoofing, ainsi qu’une websérie disponible sur notre chaîne Youtube où nous partageons chaque expérience avec un court épisode. L’épisode 07 vient d’ailleurs d’être mis en ligne cette semaine.  Il se déroule au Pérou où nous avons fait un wwoofing inoubliable passé chez une famille péruvienne dans le village de Duraznillo (Amazonas).

Aviez-vous déjà tenté le Wwoofing avant de vous lancer dans ce voyage?

Nous n’avions jamais tenté l’expérience du wwoofing avant de partir. Notre première expérience était d’ailleurs assez déroutante. Nous nous sommes retrouvés dans la Patagonie sauvage chez un gaucho Argentin vivant seul avec ses chevaux à une heure de la civilisation. Naturellement, il nous a fallu surmonter quelques appréhensions pour nous lancer et faire confiance à un inconnu parlant une langue encore incompréhensible pour nous. Ce fut pourtant une de nos plus belles rencontres de voyage.

À notre retour en France, nous aimerions retenter l’expérience du wwoofing. Il y a énormément de possibilités aussi par chez nous…

Comment avez-vous choisi vos « séjours »?

Nous faisons d’abord une sélection assez large en fonction d’une région ou d’un pays puis nous en choisissons une dizaine en fonction de la description de la ferme : permaculture, bioconstruction, plantes médicinale, etc. Nous voulions varier les plaisirs pour apprendre un maximum de choses. En général, nous contactons les fermes sélectionnées par téléphone et allons à la première qui accepte. Voilà comment nous sommes amenés à élever des chevaux au Chili, récolter du miel au Pérou, traire des vaches ou construire des maisons dans des régions à chaque fois magnifiques, où nous n’avions pas prévu d’arrêt dans notre itinéraire de base.

Avez-vous abordé directement les habitants ou plutôt trouvé d’avance des pistes?

Parfois, nous trouvons des fermes grâce au bouche-à-oreille mais la plupart du temps, c’est en consultant les listes de wwoofing du pays ou sur le site helpx.net

Selon vous, le Pérou se prête-t-il bien au woofing?

Le Pérou aurait énormément d’opportunités en terme de wwoofing, mais les péruviens ont très peu accès à internet en zone rurale et n’ont de toute façon, aucune idée de l’existence du concept. Il faut une certaine ouverture d’esprit pour comprendre l’intérêt de l’échange avec des étrangers.

Wilder qui nous a accueillis chez lui à Duraznillo, a une formation de guide et donc l’habitude de côtoyer des touristes, mais les habitants du village à la base étaient très étonnés de voir des occidentaux venir l’aider à travailler sur ses parcelles. Il fallait qu’il explique régulièrement aux villageois interloqués que c’est une forme de tourisme basé sur l’échange et que nous étions là pour découvrir leur culture. Cela dit, nous avons été très bien intégrés par tous les habitants du village, ils sont très accueillants et beaucoup nous ont invités à leur table ou à participer aux activités du village. D’autres demandaient à Wilder si ils pouvaient avoir un woofer chez eux, il y en avait quelques-uns très intéressés par le concept, certains vivent seuls, d’autres sont naturellement ouverts aux rencontres.

voyage perou woofing

woofing perou

Avec un peu plus de communication, c’est un système d’échange qui fonctionnerait très bien dans les villages isolés, car tout le monde est gagnant.

Quelles ont été vos expériences de Wwoofing au Pérou?

Ce wwoofing à Duraznillo était le seul que nous avons fait au Pérou et certainement l’un des meilleurs sur le continent sud-américain. Nous avons fait énormément de choses différentes, nous avons, entre autre, récolté la coca, des bananes, planté la luzerne pour les cochons d’indes, broyer la canne à sucre et l’après-midi et Maylis donnait des cours d’anglais aux enfants du village.

wwoofing perou

woofing perou

Et quel est le meilleur souvenir que vous en gardez?

Évidemment, c’est difficile de ne garder qu’un seul meilleur souvenir après ces deux semaines de wwoofing. Celui qui a marqué Maylis c’est certainement la fois où elle a dû accompagner Rosa, la femme de Wilder, à l’hôpital pour faire le contrôle de santé de leur fille de trois mois, Sami. Ce qui chez nous n’aurait été qu’une simple formalité, s’est transformé en véritable trek sous la chaleur jusqu’à l’hôpital le plus proche, situé sur la montagne voisine, à 2h30 de marche! Un autre bon souvenir, c’était le jour où l’électricité est revenue dans le village après trois mois de coupure, ce soir-là, c’était la fête à Duraznillo!

Y-a-t-il des sites pratiques qui peuvent aider à s’informer et organiser son séjour en mode Wwoofing au Pérou et en Amérique du Sud?

Le site wwoof-guide, par exemple, est bourré d’informations utiles, sinon vous pouvez glaner quelques témoignages de blogueurs sur internet. Pour le Pérou, ce n’est pas encore très développé et la page wwoof-peru n’est vraiment pas bien faite comparée à certaines autres. Dans l’ensemble, il n’y a pas énormément d’informations sur internet, c’est d’ailleurs une des raisons pour laquelle nous avons créé wwoofnext.

Nous espérons que ça va aider les gens à se préparer ou à se motiver pour essayer de voyager en faisant du wwoofing. En tout cas nous recevons pas mal de messages de personnes qui souhaitent aussi tenter l’aventure du wwoofing et qui nous demande des conseils, il y a un réel engouement pour cette façon de voyager. Donc pour ceux qui hésitent encore, lancez-vous, vous ne le regretterez pas!

Si vous voulez suivre nos aventures, n’hésitez pas à nous rejoindre sur notre page facebook : https://www.facebook.com/wwoofnext

Un an de woofing en Amérique du Sud
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Vanessa Huet

Fondatrice et éditrice du magazine Voyage Perou, je suis une grande amoureuse de l’Amérique latine que j’explore avec émerveillement, stylo et caméra à la main. Ma motivation? Réunir le maximum d’information, de bons plans et de conseils pratiques pour vous encourager à partir vous aussi à l’aventure!

Discussion4 commentaires

  1. Vanessa Huet

    Ca a l’air tellement bien votre expérience de wwoofing en Amérique du sud. Et puis vos vidéos sont amusantes, ce qui n’enlève rien au charme. Bonne continuation !

  2. Vanessa Huet

    Bonjour,

    je veux partir voyager pour la seconde fois en Amérique du Sud en solitaire.
    Je voudrais cette fois ci profiter de ce voyage pour apprendre la permaculture .
    J’ai pensé au woofing. Avez vous connu une ferme qui fait de la permaculture durant votre voyage ?

    Très cordialement.

    Un bonheur votre site à regarder.

    Fanchon.

  3. Vanessa Huet

    Bonjour, je souhaiterais partir en woofing pour 1 mois en Amérique du Sud, en mai 2017, de préférence au Pérou ou Guatemala. Je me suis inscrite sur un site de mise en relation avec des hôtes d’Amérique du Sud m, conseillé par le Routard, mais site au fonctionnement incompréhensible. J’ai aussi posté des messages sur des Forum, restés sans réponse.
    J’aimerais entrer en contact avec vous pour avoir quelques réponses à mes questions et si possible des contacts sures là bas, car en plus je pars seule.

    Merci 🙂

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