Cours de poterie à Lima

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Green Dot, un petit oasis de plantes et céramiques

Je sonne à la porte, intriguée de savoir ce qui m’attend de l’autre côté.

Je suis ici pour un cours de céramique chez Green Dot,  dans le quartie de San Isidro à Lima. Pendant une fraction de seconde je me demande ce qui m’a pris de venir, moi qui n’ai aucun passe temps à vocation artistique. Moi qui dessine des bonhommes allumettes.

La dernière fois que j’ai eu de l’argile entre les mains, c’était durant un cours d’arts plastiques de madame Nazaire-Blanc, une grande femme avec les cheveux courts, grisonnants et bouclés. J’avais 12 ans et je détestais me salir les mains.

Trop tard pour reculer, Carla vient nous ouvrir la porte avec un grand sourire.

On découvre alors dans un joli espace, au sol couvert de tuiles colorées et un petit patio intérieur, typique des maisons traditionnelles de Lima. Ici, tout est recouvert de plantes et de pots en céramique, un petit univers unique et inattendu.

Après un premier coup d’oeil panoramique, je me change pour porter des vêtements que je serai heureuse de salir.

Pendant que Carla va cherche un morceau d’argile, mon regard se pose sur une petite céramique d’un bleu profond. C’est lorsque je m’approche pour le prendre délicatement que je me rends compte que chaque pièce est différente. En couleur et en taille, oui, mais aussi en texture.

Certaines présentent des traits purs, lisses, des couleurs suaves, d’autres sont rugueuses, poreuses, presque dérangeante au toucher, parfois même à l’émail dégoulinant, mais magnifiques dans leur imperfection. Celles qui accueillent des plantes semblent être de véritables petits microclimats, avec leur propre équilibre.

Lorsque Carla revient je lui demande:

-Parmi toutes les pièces, laquelle est ta préférée ?

-Comme tu vois j’aime beaucoup expérimenter, explorer des styles complètement différents, donc c’est difficile à dire. Elle fait une petite pause et ajoute:

-Sincèrement, ce qui se vend le plus sont ces céramiques. Ces rose pâle, par exemple. Mais ce que j’aime le plus faire, c’est ça. Elle prend alors entre ses mains une pièce ovale, inégale, un peu déformée même, à la surface âpre. Ce n’est pas tout le monde qui aime, je sais qu’on peut le trouver dérangeant selon certains standards d’esthétisme, mais moi je l’adore.

Le cours de céramique

Mais il faut se mettre au travail.

Sur sa table en bois, Carla commence à pétrir l’argile pour libérer les petites bulles d’air et éviter que la pièce se casse une fois dans le four. Elle m’en tend une poignée pour que je le fasse à mon tour et c’est alors que je me rends compte que le mouvement doit être plus précis qu’il n’en a l’air. Mais tout est question de pratique et après quelques minutes, elle semble satisfaite.

On passe alors dans son petit atelier, avec une roue de poterie.

La roue commence à tourner, il faut bien centrer le morceau d’argile pour que la base de la pièce soit ronde, sans bosse. Une tâche plus difficile qu’il n’y paraît. Les mains doivent rester fermes. J’ajoute de l’eau. Je tente, je retente, je patiente.

Il faut aussi monter la pâte vers le haut en la serrant, comme pour former un cône, puis la pousser vers le bas pour que la base s’élargisse.

Puis c’est le moment de plonger les doigts au centre de la pièce pour la modeler. Le défi est de trouver l’équilibre entre fermeté et délicatesse. C’est un moment hypnotisant alors que une simple pression permet de créer une nouvelle forme, de lui donner vie.

Pendant que je rajoute pour la 15e fois de l’eau et que j’affine les parois de la pièce, je ne peux m’empêcher de penser à la fameuse scène romantique de Ghost, avec Unchained Melody en musique de fond. Sérieusement Patrick, t’avais vraiment besoin de détruire le beau grand vase de Demi Moore? 

Carla m’extirpe de mes pensées en me disant: “ce qui est intéressant, c’est qu’on ne connaît jamais vraiment le résultat final. Il faut jouer avec l’argile, l’écouter, se laisser guider. On n’obtient jamais deux fois la même pièce.”

Effectivement, sur les trois pièces faites, aucune ne se ressemble.

Il faudra d’abord attendre que la pièce sèche jusqu’au lendemain pour pouvoir faire la finition et enlever l’excès d’argile, puis attendre qu’elle durcisse complètement pour être envoyée au four une 1re fois.

Une fois sortie du four, elle sera prête à être peinte (émail) et envoyée une 2e fois au four. C’est là qu’on pourra voir le produit final!

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Avant la cuisson et l’émail
atelier de ceramique lima
Les pièces terminées

Peut être apprécie-t-on doublement ces petits univers cachés dans une grande ville chaotique comme Lima? Ce qui est sûr, c’est que je n’ai maintenant qu’une envie, retenter l’expérience chez Green Dot, piquée par une curiosité nouvelle d’expérimenter l’argile, encouragée par la patience et la passion de Carla.

Green Dot

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  • Téléphone: 967 760 459, 01 677 2454
  • Atelier: 100 soles pour l’atelier de 3h, incluant tout le matériel, l’argile pour la fabrication de la pièce, l’application de l’émail, la pièce finale à rapporter chez soi et bien sûr l’explication de tout le processus de la céramique par Carla.

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Montréalaise de naissance, je suis passionnée par les voyages, la bonne bouffe et les lamas. À la fois bloggeuse pour Voyage Pérou et journaliste pour La Métropole, un magazine en ligne et une publication mensuelle, je pars constamment à la chasse des meilleurs restaurants et des destinations à découvrir.

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