Journée avec une communauté indigène à Cuenca

1

Tourisme durable en Équateur

Pendant notre séjour à Cuenca, nous voulions nous rapprocher des communautés locales et indigènes, découvrir la culture pré-Inca et voir comment les locaux vivent en communion avec la nature. C’est un peu par hasard, en cherchant une tablette de chocolat dans un magasin bio, qu’on a trouvé le numéro d’Alfonso. Voilà comment le chocolat nous a emmenés découvrir la communauté Kushi Waira à deux pas de Cuenca !

Kushi Waira, une communauté autonome dans les Andes

La petite communauté de Kushi Waira est une organisation locale dirigée par Alfonso, dont le but est de promouvoir un tourisme responsable et montrer les traditions indigènes des locaux. Et tout ça se passe en petits groupes, ce qu’on a adoré ! Nous étions les seuls à visiter Kushi Waira ce jour-là, une expérience très spéciale que nous voulons partager avec vous.

Au programme de notre journée: rencontre de la commfunauté locale, promenade dans la montagne, visite de la forêt primaire, découverte des plantes médicinales indigènes, rituels pré-Incas dans un lieu sacrée au sommet de la montagne, découverte du Chemin de l’Inca, repas traditionnel dans la montagne avec des produits locaux et bio, puis musique et danses typiques avec la communauté. Plutôt complet ! Vous êtes prêts ?

Le soleil se lève et nous avons de la chance, il fait très beau en cette journée de mi-février ! Nous prenons notre petit déjeuner sur la terrasse de notre hôtel de Cuenca. La voiture nous attend devant l’hôtel 5 minutes avant 9 heures. Nous sautons dedans et 20 minutes plus tard nous sommes au milieu des montagnes, dans une toute petite communauté cachée au fond d’une vallée verte et silencieuse. Le seul bruit ici ce sont les vaches et les moutons, ou alors le vent frais qui souffle à 2500 mètres d’altitude.

equateur kushi waira
La vallée de la communauté

Alfonso nous reçois avec un sourire, chapeau sur la tête, et nous invite à rentrer dans sa maison. On rencontre aussi sa femme, qui nous ramène un typique canelazo de bienvenue, une boisson à base d’alcool de cane et thé d’épices locales. Alfonso est âgé d’une cinquantaine d’années et est père d’une famille de 8 enfants. Il a toujours travaillé dans son village et se passionne pour la médecine douce à base de plantes. Il essaye aujourd’hui de faire perdurer ses traditions en proposant à quelques touristes de venir visiter sa propriété.

Après quelques explications sur le déroulement de la journée et les objectifs de l’organisation, nous continuons vers une autre salle. Ici on nous sert un délicieux petit déjeuner : du mote casado (à base de maïs et fèves), du mote pillo (maïs et œufs brouillés) et du thé d’épices. C’est autour de ce petit repas que nous avons l’occasion de faire un peu plus de connaissance avec Alfonso. C’est un homme tranquille, observateur et doux dans ses mots. Il s’intéresse à nous et nous nous intéressons à sa façon de vivre. Alfonso nous raconte que sa mère était guérisseuse et sage femme, elle n’utilisait que les plantes médicinales qui poussaient sur ces terres. C’est elle qui a transmis à son fils l’amour et le respect de la nature.

Ensuite nous partons pour une promenade dans la montagne. Nous montons doucement, en nous arrêtant de temps en temps pour des explications sur la vallée, la communauté, les plantations, la montagne… Le paysage est vraiment spectaculaire, très joli sous cette journée ensoleillée.

Quelques minutes plus tard, nous rentrons dans la forêt primaire. Ici Alfonso prend le temps de nous expliquer les dizaines de plantes médicinales que l’on trouve un peu partout. Il nous présente aussi la vision du cosmos des Cañari, les indigènes pré-Incas qui habitaient la zone. On voit des plantes qui poussent sur d’autres plantes, c’est assez surprenant mais Alfonso nous explique le fonctionnement des énergies dans la forêt. C’est une vision captivante de la vie et la planète, très cohérente et respectueuse de la nature. Nous sommes de plus en plus enthousiasmés avec cette expérience !

voyage equateur cuenta communaute
Les plantes médicinales

Nous arrivons ensuite à Jatun Urcu (en quechua « haute montagne »), le lieu sacré de la communauté. Un petit moment de repos s’impose et nous continuons à converser à propos de la forêt, les plantes et la relation de l’homme avec la nature. Une conversation qui s’avère assez profonde, mais Alfonso est un homme hors du commun et il réussit à nous enthousiasmer avec ses idées. Il prend également le temps de soigner quelques douleurs que nous avons après autant de mois de voyage. Il nous explique l’importance de la Madre Tierra (la mère « terre ») et el Padre Sol (le père « soleil ») au sein de la nature et de sa communauté.

On continue un peu plus loin pour arriver sur le Chemin de l’Inca. Et oui, la partie la plus connue du Chemin est près de Cusco, mais le vrai Chemin de l’Inca arrive jusqu’en Équateur ! En plus, sur cette partie du chemin, nous sommes surpris de voir les couleurs de la terre : rouge, orange, blanc, pourpre … C’est étonnant !

Sur le chemin du retour, on s’assoit quelques minutes sur un lit naturel de feuilles d’arbres pour reprendre un peu d’énergies. Un endroit reposant où nous croisons les regards souriants de deux locaux.

13h, c’est le moment du repas ! La femme d’Alfonso arrive en haut de la colline chargée avec le déjeuner. Pour la traditionnelle pampamesa, le repas est servi directement sur une nappe au sol dans l’herbe. Pas d’assiettes ! Au menu, du poulet grillé au charbon, des légumes du jardin, des pommes de terre, une délicieuse purée de yuca, du riz et du maïs. Le tout arrosé d’un bon thé d’épices. C’était délicieux et copieux !

tourisme-durable-equateur
La pampanessa traditionnelle

Après le repas, nous réalisons un rituel purifiant. Alfonso fait une prière en quechua et nous baigne avec une fumée d’encens. Puis sa femme nous nettoie de façon symbolique avec des feuilles médicinales. Le rituel est court mais on se sent bizarrement bien, propres, énergétiques et plus contents. Le rituel semble avoir fonctionné.

ecotourisme-equateur

Après nous commençons la décente vers la maison. Le chemin est encore magique, les couleurs des montagnes et le silence sont reposants. En arrivant à la maison d’Alfonso, il nous montre les différents instruments musicaux fabriqués par la communauté, notamment des flûtes et d’autres instruments à vent (la flauta et la kena).

Au coin de la salle il nous montre une ancienne pierre à moudre qui est arrivée dans sa famille il y a des centaines d’années. Du coup il nous montre la fabrication artisanale de farine de maïs, et nous participons à moudre le maïs!

equateur-communaute-kushi-waira
Alberto en train de moudre le maïs

Puis il mélange un peu de sucre de canne avec la farine et nous fait goûter : c’est tout simple mais très bon ! Après il mélange du riz avec une goutte d’eau, des graines de sambo et un peu de piment, et nous le dégustons avec du mote (maïs cuit). Très bon !

Pour finir la journée, Maria, la fille d’Alfonso, nous rejoint, et ils jouent un duo de deux ou trois morceaux pour nous. Petite surprise, nous devons danser pour le dernier morceau ! On le fait avec plaisir, même si nous ne comprenons pas trop les pas. C’est un moment sympa et de partage avec la famille. Pour la fin, ils nous préparent un petit jeu de piñata et nous offrent deux instruments en cadeau. Vraiment gentil de leur part !

C’était une journée inoubliable ! Nous avons passé des très bons moments à Kushi Waira, nous avons appris sur l’histoire des indigènes en Équateur, sur leur vision de la planète et la nature, nous avons rencontré des gens très aimables et avec l’envie de partager leur culture pour la faire perdurer. Nous vous conseillons vivement de contacter Alfonso directement sur son adresse mail : kushiwaira@gmail.com

Toutes les photos sont la propriété intellectuelle d’A Globe for Two

Envie de suivre les aventures d’Anaïs et Alberto?

Le blog à découvrir: A Globe for Two

Aussi: Facebook / Instagram /Twitter

Réservez votre voyage et économisez!

Guides de voyage d’Équateur

Vous partez en Équateur? À lire également

Anonyme

Fondatrice et éditrice du magazine Voyage Perou, je suis une grande amoureuse de l’Amérique latine que j’explore avec émerveillement, stylo et caméra à la main. Ma motivation? Réunir le maximum d’information, de bons plans et de conseils pratiques pour vous encourager à partir vous aussi à l’aventure!

DiscussionUn commentaire

  1. charlotte

    troppp bienn, merciii <3 vous m'avez donné trop envie <3 je vais écrire un mail, en espérant que tout soit possible avec le covid <3 j'ai eu aussi vent de la communauté sisid anejo qui parle aussi des ruines ingapirca, du chemin de l'inca, de ce fameux plat … y avez- vous été ? savez- vous si " c 'est la même communauté" ? si les 2 " valent le coup" ? merci bcp de votre retour et de cet article surtout 🙂

Laisser un commentaire